jeudi 5 novembre 2009

La fin d'une aventure

Un compatriote a tenté une aventure qui a des points semblables.

Il rentre en Belgique.

Je ne le connais pas personellement, mais ça me fout un peu le blues...

Voir: Happy End ...

mardi 27 octobre 2009

FAQ

Régulièrement, je reçois des questions sur l'expatriation au Brésil. En général, d'hommes jeunes, n'ayant qu'une connaissance très superficielle du pays et n'y ayant souvent jamais mis les pieds.

Je ne voudrais pas me la jouer "écoute petit, tu vois moi qui ai beacoup roulé ma bosse ..." mais quand-même, je déconseille. Dans tous les cas pas sans avoir une vision très claire d'où aller (dans tous les sens du terme) et comment. Comme disait je ne sais plus qui: "faites très attention à ce que vous voulez, vous pourriez l'obtenir".

La vie au Brésil, c'est pas des vacances. Voir à ce sujet deux posts qui restent tout à fait d'actualité: "Gagner sa vie" et "Classe Moyenne"

Comment l'idée vous est-elle venue ?

Deux questions en une: pourquoi le Brésil, et pourquoi y monter une société ?

Beaucoup, mais alors beaucoup trop long a expliquer. Il y a pas mal d'une tendance à me lancer dans des défis assez (d'accord, très) irréalistes. Il y a un peu de l'attrait pour une marché beacoup plus dynamique et informel que l'Europe, le B de BRIC. Le fait que j'aime le Brésil (je me demande parfois bien pourquoi, mais c'est une autre histoire). Dans BRIC il y a aussi Russie et Chine... mais non.

Et pourquoi y créer une société ? Là aussi, c'est trop long à expliquer et pas clairement d'intérêt général. Pour résumer, ce n'est pas avec le salaire moyen (même dans l'IT) qu'on vit correctement ici. Il y a deux solutions pour bien gagner sa vie. L'une est de travailler comme cadre pour une grosse boite. L'autre est de se lancer avec enthousiasme dans la création d'une petite. C'est plus aléatoire mais plus fun.

Aviez-vous des contacts sur place avant de vous lancer ?

A vrai dire, excellents. Mais pas professionnels.

A propos des contacts, petit conseil. Des contacts sont nécessaires. Tôt ou tard on dépend d'un tiers. Par exemple, jusqu'à avoir un visa de résident, un étranger ne peut pas être administrateur de société. Il faut donc un "local" qui s'en charge. Et il est pratiquement impossible de savoir qui est confiable et qui ne l'est pas (un bon escroc ne semble pas être un escroc). On entre dans le risk management, mais la base est: limiter l'exposition au risque. Ne jamais se mettre dans une position dans laquelle un "contact" peut mettre la société en faillite.

Deux anecdotes à ce sujet. J'ai vu un "gérant" d'une société partir un beau jour avec la caisse, les PC's et tout le mobilier. Plus folklorique que vraiment grave. L'autre, nettement pire: une assistante administrative chargée de payer les impôts les empochait et a un jour disparu en laissant une dette fiscale considérable.

Mais je m'écarte du sujet.

Connaissez-vous un peu l'état du marché de l'emploi au niveau IT ?

Assez chaud comme partout dans le monde. Les salaires y sont élevés par rapport à la moyenne mais relativement faibles par rapport au coût de la vie (sauf pour les postes très qualifiés). Franchement, comme employé d'une société locale, à moins d'être cadre d'une multinationale, c'est difficile.

Voilà pour l'instant... il y a pas mal d'autres questions mais je en vais pas écrire tout un testament ce soir.

Nh'ésitez pas à poser vos questions...

dimanche 18 octobre 2009

Oktoberfest

Autre manifestation germanique dans la région: l'Oktoberfest, à Blumenau.

Organisée principalement autour de la bière dans la "ville germanique", cette fête (qui dure quand-même plus de deux semaines) est comme le Doudou (montois) sans Doudou. Juste les hordes de troglodytes assoifés (au début) ou mort bourrés (à la fin).

La "ville germanique" est une reconstitution (qui prétend être) d'un quartier allemand typique. Reconstitution: c'est juste un décor de film. Comme pour le silicone: c'est peut-être joli sur les photos, mais quand on est dedans c'est pas pareil.

Au moins, petit cocorico, quelques marques de bières belges perçent ici. Il y a Stella, qui est sans aucun doute la plus brésilienne des bières belges: depuis la fusion Interbrew/Ambev, elle a la jolie étiquette "Leuven" mais est fabriquée... à São Paulo. Leffe et Hoegaarden sont aussi bien représentées.

Voir quelques photos (google images).

samedi 17 octobre 2009

Pomerode


Entrée du centre de Pomerode (Porte Sud)
Fondée au XIXe par des immigrants allemands de Pomeranie, Pomerode se veut aujourd'hui la ville "la plus allemande du Brésil".

De fait, une bonne partie des habitants est d'ascendance allemande. L'allemand est encore beaucoup pratiqué, et la culture locale a de très fortes influences germaniques (comme la "fête poméranienne")

La seconde guerre mondiale a d'ailleurs laissé des traces jusqu'ici: après la déclaration de guerre du Brésil à l'Allemagne, la culture allemande a été réprimée. La langue allemande a été interdite dans les écoles et en public.


Maison typique sur la "route de l' enxaimel"
Pomerode est la plus agréable des villes que j'ai visité dans l'état de Santa Catarina. L'urbanisme y est cohérent, l'agitation supportable, l'architecture y a des aspects intéressants.

Pomerode vaut beacoup plus la peine d'être visitée que Blumenau ou Joinville, pourtant beacoup plus connues (surtout à cause de leur agressivité publicitaire)

samedi 10 octobre 2009

Un nom (pas si) bien choisi

L'histoire du marketing international est pleine d'anecdotes. Des difficultés du clown Ronald McDonald's au Japon (où le blanc est couleur de deuil) jusqu'aux déboires de la marque Nova dans les pays hispaniques (no va = "ça ne marche pas").

On peut en ajouter une: le nom "Sofshore" en portugais. Le nom a été choisi en Belgique lors de la création de la société. Court, expressif. Fort bien.

Seul petit "mais" de l'histoire: le nom n'est pas évient pour les Brésiliens. Ils ajoutent presque systématiquement un "t" au milieu (softshore). Une lettre qui fait toute la différence au moment d'envoyer un email, de visiter notre site ou de chercher sur internet.

Beacoup plus (moins ?) amusant: la phonétique peut être associée à "Sofrechora". Sofrer = souffrir et chorar = pleurer. Nous n'y avions pas pensé mais une téléphoniste (stupide ou au contraire très inventive) y a pensé, elle...

- Bom dia, queria falar com o senhor Fulano
- Quem gostaria ?
- Achille, da Sofshore
- Da Sofre-e-chora ?

- Bonjour, monsieur Machin, s'il vous plaît ?
- C'est de la part de ?
- Achille, de la société Sofshore
- De la société Souffre-et-pleure ?

Brillant.

mercredi 7 octobre 2009

Florianópolis Tecnologique à la BBC

La BBC World a diffusé un petit reportage sur l'évolution du secteur technologique à Florianópolis (en anglais... oeuf corse).



Intéressant, même si la vidéo contient deux clichés qui sont contradictoires avec le message qu'elle devrait passer. Les images de plage n'ont aucun rapport avec le technologie (bien au contraire) et la musique de fond est... carioca. Les deux font partie d'une image du Brésil à l'extérieur qui est fausse et en conflit avec l'exportation de technologie.

lundi 14 septembre 2009

Serra do Cafezal


BR-116 dans la "serra du cafézal". Que du bonheur.
La photo n'est pas particulièrement jolie,
mais elle est représentative...
Etape suivante dans notre périple: São Paulo - Curitiba. Suivant le principal axe routier entre le sud et le sud-est: la BR-116, connue pour cette partie comme la route "Régis Bittencourt".

Principalle difficulté de ces 500 km: la "Serra do Cafezal". La zone est accidentée (la serra culmine à environ 1000 m). Le trafic de poids lourds y est intense. Et surtout, la route n'y a que trois bandes (deux dans le sens de la montée, une pour les descentes). Un trajet qui a une réputation sinistre dans tout le pays.

Florent, dans un commentaire sur un post précédent me souhaitait "patience". Maintenant, je sais pourquoi. 30 km de descente coincés entre deux camions, à nous demander si c'est celui de devant ou celui de derrière dont les freins vont lâcher en premier... c'est long.




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dimanche 13 septembre 2009

Dutra


Dutra, peu avant São Paulo
En route de Cruzeiro vers le sud. Ce n'est pas ce voyage qui va donner matière à des infos exceptionelles.

Le trajet commence par la BR-116, connue entre Rio et São Paulo comme "Dutra". Reliant les deux capitales, La "Dutra" est une des principalles routes du Brésil.

Son exploitation a été privatisée, sous concession. On y rencontre donc des payages à intervalles réguliers sur un principe très semblable à ce qui existe sur les autoroutes françaises. Plutôt cher, mais en compensation l'état de la route est très supérieur à la moyenne.

Voir par exemple la galerie de photos sur le site de la Nova Dutra

Et bien sûr, la carte de rigueur:


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samedi 12 septembre 2009

Cruzeiro



Serra da Mantiqueira
Petit passage dans l'intérieur de l'état de São Paulo, occasion de ranimer un rien mon blog. Juste un rien.

La ville de Cruzeiro (80.000 habitants), où je suis aujourd'hui, est dans une très jolie région de hautes collines (jusqu'à 2.500 m) à la frontière des états de São Paulo, Rio de Janeiro et Minas Gerais. Climat très agréable en cette saison (c'est le printemps). Quelques nuages, 25°, un bon petit vent pour rafraîchir...

Demain, retour vers Florianópolis, passant par São Paulo et Curitiba. L'occasion sans-doute de quelques photos.

En attendant, une carte pour situer l'endroit:


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samedi 18 juillet 2009

Correria Sergio


"Estou na correria": c'est la course (ou: je suis à la bourre)
11 Juin... date de mon précédent post. Un mois. Paradoxalement, c'est une bonne nouvelle. Voilà l'occasion de donner quelques nouvelles du côté professionel de l'histoire.

Il y a un peu plus d'ou mois, nous avons gagné un contrat pour une start-up de Curitiba. Du travail pour 4 personnes pendant 6 mois (pour la première phase). Négocier avec le client, recruter, mettre l'équipe en place, planifier les releases, suivre l'évolution technique et fonctionnelle, gérer le budget, préparer l'infrastructure.

Peu de temps après, un projet supplémentaire est venu s'ajouter. Et les projets n'avancent pas seuls. Même avec un équipe de très bon niveau technique et un client collaboratif il y a des problèmes à gérer.

Voilà qui ne laisse pas beacoup de place pour un blog. Je n'ai pas fait grand-chose d'autre que de travailler...

jeudi 11 juin 2009

Liberté d'expression ?

Plusieurs fois, des lecteurs m'ont fait remarquer que je donne très peu de nouvelles personnelles sur ce blog. Ni personnelles ni professionnelles, d'ailleurs.

Il se fait que le blog n'est pas un espace aussi libre qu'on pourrait le penser. Je ne peux pas donner ici mon opinion sur beaucoup d'éléments de mon expérience: toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire, et encore moins quand il y a des enjeux commerciaux. Impossible de donner un avis cru sur les façons de faire de certains prospects ou clients ou sur le marché des services IT dans la région.

Mon nom est lié à celui de la société, des clients ont déjà commenté avoir lu mon blog (l'autre). Il faut rester politiquement correct. Ne rien dire qui puisse nuire à l'image de la société.

Et c'est vrai pour la grande majorité des blogs.

dimanche 26 avril 2009

Les Belges du bout du monde

La RTBF m'a fait le plaisir de consacrer son émission "Les Belges du bout du monde" d'aujourd'hui au Brésil et plus particulièrement à mon expérience ici.

Une interview entrecoupée de musique de l'excellent Daniel Miranda.

Pour ceux qui ont raté l'émission, elle est disponible en podcasting ici.

mercredi 22 avril 2009

On ne sait jamais ...

Le BIG (le Carrefour local, de la chaîne Wal Mart) a commencé une nouvelle action commerciale: les caissières demandent systématiquement aux clients si ils ont trouvé tout ce qu'il cherchaient et notent sur une liste les produits manquants ou désirés.

J'ai donc demandé quelques produits qu'on ne trouve pas par ici: Chokotoff, Melo Cakes, Gaufres Suzy et boudin blanc. Beacoup d'autres pourraient s'y ajouter, mais ce sont les premiers auxquels j'ai pensé.

Le plus difficile, ça a été d'expliquer ce que sont les melo cakes et le boudin.

Pas tout à fait certain que cette demande soit prise au sérieux ...

mardi 21 avril 2009

Tiradentes


Le drapeau de l'"Inconfidência Mineira".
"Indépendance même que tardive".
Jour férié aujourd'hui (21/04) au Brésil. Le jour de "Tiradentes", héros républicain Brésilien.

Un (tout petit) peu d'histoire

Fin du XVIII, Le Brésil est encore une colonie portugaise. La métropole, comme cela c'est vu dans d'autres colonies, impose de lourds impôts et promulgue des lois qui préjudiquent le Brésil.

Dans l'état de Minas Gerais, importante région d'extraction d'or (Minas = mines), l'insatisfaction du peuple et surtout de l'élite (propriétaires terriens et des mines) est croissante (histoire connue). L'histoire parle beacoup du "derrame", une taxe fixe: les régions productrices d'or devaient fournir une quantité d'or annuelle fixe - alors que la production est en déclin. D'autre part, les intellectuels sont fort influencés par le mouvement des lumières français.

En 1789, un groupe composé principalement de membres de l'élite locale et de Joaquim José da Silva Xavier, dit "Tiradentes" a fomenté une conspiration appelée "Inconfidência Mineira". Ses objectifs étaient l'indépendence de l'état (pas du Brésil entier) du Portugal et la création d'une république.

Trahis par l'un des membres (Joaquim Silvério dos Reis), la conspiration a été un échec et ses responsables arrêtés. A part Tiradentes, les conspirateurs ont été condamnés à des peines relativement légères par rapport aux faits (crime de lèse-majesté). Tiradentes a été condamné a mort, pendu le 21 avril de 1792 à Rio puis décapité, équartelé et ses restes renvoyés dans sa région d'origine.

Tiradentes est ainsi devenu un des symboles de la République brésilienne.

A noter que d'autres révoltes ont précédé l'indépendance brésilienne, dont la révolution Farropilha dans l'état du Rio Grande do Sul, prétendant créer une "République Riograndense", qui a duré 10 ans de 1836 à 1846 et dont les gaúchos chantent encore l'hymne.

La critique du symbole

Un article de Roberto Pompeu de Toledo (journaliste qui a été rédacteur en chef de la revue Istoé) exprime une opinion sans sympathie pour ce symbole. D'après lui, beacoup d'autres leaders importants auraient pu être reconnus héros nationaux. Tiradentes est une figure obscure dont la biographie est mal connue et le rôle exact dans la révolte incertain.
  • Pour Roberto de Toledo, Tiradentes a été utilisé comme symbole justement pour être mal connu: personnage flou, il peut servir de symbole à n'importe quoi. Utilisé par la dictature comme patron civique de la nation, il a été ensuite été utilisé par la gauche pour combattre la dictature.
  • Une autre raison de l'utilisation de Tiradentes comme symbole est qu'il est originaire de Minas Gerais, état politiquement central à l'époque.
  • La troisième raison est la fusion en une même personne d'un symbole politique et religieux. Tirradentes est devenu croyant fervent en prison. Bien que son vrai visage soit inconnu, Tiradentes et son exécution ont souvent eu des représentations inspirées de celles de Jésus Christ.


Voir:
Roberto Toledo de Pompeu, "TIRADENTES: qual seria sua verdadeira História?"
Wikipedia, "Joaquim José da Silva Xavier" (dit Tiradentes)
Wikipedia, "Inconfidência Mineira"

dimanche 19 avril 2009

Toxique

"Une autre image du Brésil" ... désolé de mettre quelques mythes à mal. Le Brésil, pays de nature ? Oui... mais au train ou vont les choses, plus pour longtemps.

Une nouvelle qui me vient... d'Europe (je n'en ai pas trouvé trace dans les medias brésiliens). Le Soir, citant "une étude" (sans dire laquelle) affirme que depuis 2008, le pays est le premier consommateur de pesticides au monde, devant les Etats-Unis.

Pire encore: plusieurs des produits utilisés au Brésil sont interdits ailleurs.

Ce que l'article ne dit pas, c'est si ce fait vient d'un retard réglementaire ou d'une non application des règlements. Connaissant le pays, il doit y avoir des deux. D'après une récente étude de l'Anvisa (agence de sécurité sanitaire) 64% des échantillons de fruits et légumes analysés comportaient des irrégularités. Soit des concentrations au-dessus des normes, soit des produits non autorisés pour certaines cultures.

Dans ce domaine aussi, la bureaucratie et le peu de respect des lois sont inquiétants. D'après un article de l'Estadão de São Paulo, les fabricants de pesticides doivent obtenir des agréments de leurs produits par culture. Et souvent, les producteurs ne demandent ces agréments que pour les cultures ayant la plus forte demande. Dans l'étude citée ci-dessus, certains produits utilisés, non autorisés pour la culture en question, sont autorisés pour d'autres.

Quoi qu'il en soit, premier consommateur de pesticides devant les USA, ça fait peur...

Références:
Le Soir, 17/04/2009, "Le Brésil est le plus grand consommateur de pesticides du monde"
Destak, 18/04/2009, "Brasil maior consumidor de pesticidas do mundo"
Estadão, 15/04/2009, "Pimentão é o campeão do agrotóxico, mostra estudo da Anvisa"
Estadão, 17/04/2009, "Cadastro de agrotóxico é burocrático, diz especialista"

dimanche 22 mars 2009

Les Brésiliens, un peuple alègre ?

Info (en fin de compte pas tellement) étonnante dans la revue "Época": le second médicament le plus vendu au Brésil est un anxiolitique. Pour un peuple à l'image souriante, avouons: ça la fout quand-même assez mal.

D'après la revue, cette préférence pour le Rivotril ne se retrouve pas dans d'autres pays et n'est pas non plus caractéristique des tranquilisants (catégorie qui ne vient qu'en 7e place). Le médicament est ancien - 35 ans, mais ses ventes ont explosé ces 5 dernières années.

Selon l'article, il y a trois éléments qui expliquent le phénomène:

Son apparition dans la liste de plus vendus sugère que la population en souffrance psychique peut être est plus importante que ce qu'on croit. Les problèmes d'anxiété et de dépression sont comuns dans les grandes villes où la violence, la congestion des transports et le chômage sont un fléau. Une étude "São Paulo Megacity" faite en collaboration entre un hopital de São Paulo et l'OMS révèle que 40% des habitants de la capitale souffre de problèmes psychiques.

La seconde raison qui mène à la prescription excessive de Rivotril est la précarité du système de santé brésilien, en particulier en ce qui concerne la santé mentale. Le Brésil manque de psychiatres. Les diagnostics corrects ne sont pas posés et les patients n'ont pas le traitement adéquat. Quand un patient consulte pour des troubles comme des maux de tête qui peuvent être liés à l'anxiété, il est fréquent qu'il recoive une prescription de Rivotril.

Le troisième élément qui contribue à la vente de Rivotril est ce que le psychanaliste Plínio Montagne appelle la "glamourisation de la médication". Alors que, jusqu'il y a peu, les anxiolitiques étaient mal vus, les médicaments sont vus aujourd'hui comme une réponse à tous les problèmes de l'existence. Les médecins prescrivent avec une totale désinvolture.

L'article ajoute: vivre est source d'angoisse, mais il s'st créé une culture que tous les problèmes quatidiens doivent être traités par des médicaments.

Source: Época, "Rivotril: por que o medicamento é o segundo mais vendido no país?"

mardi 17 mars 2009

Un blog à lire

Pour ceux qui s'intéressent au Brésil au-delà des photos de plages (admettons que le sujet donne de jolies photos mais est assez superficiel), la lecture du blog d'un Français installé à Vitoria est indispensable: "Vitória, l'Espírito Santo et le Brésil"

Francis, qui rédige ce blog, a une longue expérience ici et est très bien informé. Entre autres, une série de posts a été consacrée à "c'est quoi le Brésil". Où on lit que "le Brésil est le pays du chaos moyen" (C'est quoi le Brésil (2))

La série comporte une description très bien faite de plusieurs caractéristiques du système politique brésilien. En voici quelques extraits intéressants (très partiels donc, je recommande une lecture plus complète).

"L’ensemble des lois constitue un tel maquis que personne ne peut prétendre y voir clair. Et c’est sans compter les décrets, encore plus nombreux...

Il serait erroné de mettre cet état de fait sur le compte de l’incompétence. C’est bien d’un système cohérent dont il s’agit, non pas cohérent pour le vulgaire citoyen, mais un système qui assure une parfaite cohérence entre la défense des intérêts d’une élite, seule capable de se payer les avocats capables de faire durer 20 ans les procédures que favorise le maquis des lois, et la défense des intérêts d’une classe politique chargée de représenter en tout premier lieu cette élite.
" (C'est quoi le Brésil (4))

"Les partis politiques, justement, sont l’un des « maillons faibles » du système démocratique brésilien. Y chercher les traces d’une idéologie structurante ou même l’ébauche d’un programme relève de l’entreprise vouée à l’échec. Nombre d’élus changent d’étiquette en fonction de leurs intérêts privés, chacun essayant de se ménager une place de leader potentiel conforme à son ambition personnelle" (C'est quoi le Brésil (5))

Bref: à mettre dans les favoris.

dimanche 15 mars 2009

Plage de l'Armação


Bâteau de pêche sur la plage de l'Armação
C'est vrai, cela fait un temps que je ne poste plus rien par ici. J'avoue, d'autres préocupations ont accaparé mon énergie. C'est une autre histoire, que je conterai peut-être à l'occasion.

Pour en revenir à mon sujet, nous avons eu ici un très beau dimanche d'arrière-saison. Passé le carnaval, la grande majorité des touristes est repartie, libérant un peu d'espace. Occasion d'aller visiter plus en détail le sud-est de l'île (la côte du côté de l'océan), commançant par la plage de l'Armação.

Là aussi, à part quelques photos personnelles, je n'ai pas grand-chose à ajouter à ce que les guides touristiques disent déjà. Pour traduire quelques extraits de l'un d'eux (Guia Floripa):


Tranquilité de la fin de saison
""La plage est un des principaux centres de pêche artisanale de l'île"

Armação [..] était tout endroit où les baleines, déjà mortes, étaient utilisées pour la production d'huile [..]. En plus de l'huile, d'autres parties du cétacé étaient exploitées comme la viande, la graisse [..]. La pêche prédatrice a conduit à la quasi extinction de l'animal. Aujourd'hui les baleines sont protégées et le tourisme d'observation est une source de revenus pour l'île"

dimanche 22 février 2009

Provocateur


Vivane Castro, Carnaval 2009
Amazonie "à vendre"
Source: Globo
D'accord, j'avais dit dans mon dernier post que je ne mettrais pas de photos de "muse". Une photo d'un "déguisement" m'a quand-même fait changer d'avis.

Je trouve l'idée intéressant pour être à la fois créative, irrévérentieuse (à la limite de la provocation vulgaire même, mais c'est bien dans l'esprit du carnaval) et pour passer un message de protestation.

Le jeune dame de la photo s'est donc utilisée comme moyen de communication sur un sujet sensible ici: "l'internationalisation" de l'Amazonie, affichant la "grande forêt" à vendre entre Obama et Lula.

Des propositions sont apparues - en particulier des USA - d'"internationaliser" l'amazonie pour son importance écologique. Ce que les brésiliens voient bien sûr d'un très mauvais oeuil (voir la photo). Et sur le principe, il sont raison. Si on internationalise l'amazonie, il faut aussi internationaliser les sources de pollution des USA - entre autres.

samedi 21 février 2009

Carnaval


Terminal des bus Tietê, São Paulo.
Voyager pendant le carnaval, quel bonheur.
Carnaval ? Vous n'espériez pas ici une photo d'une (par ailleurs fort jolie) "passista" (danceuse), j'espère. Parce que des photos du genre, il y en a plein les journeaux, les sites, les vidéos... pas du tout utile d'en ajouter une.

Par contre, je vais profiter de l'occasion pour parler un peu du carnaval des brésiliens. La principalle activité des brésiliens pour le carnaval n'est pas du tout le carnaval. Rio est pleine de gringos, un peu comme torremolinos de belges en juillet, mais ce n'est pas fort représentatif du reste du pays.

En fait, les brésiliens profitent des deux jours de congé pour voyager dans le pays. C'est presque une obligation sociale (quoi, vous ne voyagez pas pour le carnaval ?!) d'aller... n'importe ou, mais d'y aller. Beaucoup vont sur le litoral (avec les traditionels bouchons, 8 heures pour faire les 100 km de São Paulo à la côte), ou dans un quelconque lieu touristique.

C'est le climax de la fin de l'été, après ça les vacances sont vraiment finies, tout le monde rentre chez soi et on peut enfin commencer sérieusement le travail de l'année.